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Petits et grands travaux – Deuxième partie

Cette semaine fût faite (comme bon nombre) de tâches diverses et variées, avec des résultats qui nous plus ou moins satisfaits.

  • La première a été celle de
    Perçage du plastique avant plantation de la mâche

    planter laitues et chicorées mais aussi,  pour la première fois de la saison,  les premières séries de mâches de plein champ. Pour procéder, nous avons posé le plastique, l’avons percé avec notre rouleau traceur et avons planté les mottes de mâche à travers. Le plastique permet de limiter les adventices et limiter les salissures sur les feuilles de mâches.

 

  • La seconde à consister à installer un palissage (support) pour nos petits pois de plein champ. Ceux-ci ne semblent pas apprécier les conditions climatiques de cette fin d’été et restent un peu chétifs. Nous avons donc expérimenté trois techniques différentes :
    • A l’aide d’un grillage à mouton soutenu verticalement par des piquets bois et fers à béton plantés plantés dans le sol.
    • Avec des ficelles à différentes hauteurs, soutenues de la même façon.
    • Sans rien, ils sont vraiment trop petits….
Binage expérimental des petits pois
  • Pour le plaisir des yeux (et des papilles), nous avons pris le temps de faire quelques photos de nos jolis poivrons colorés.
Poivron jaunes et rouges
  • Et de nos carottes toutes bien désherbées…
  •     Nous avons fait un premier binage dans nos radis noirs, navets violets et navets boule d’or. Il permettra de détruire les jeunes levées d’adventices et de casser la croûte de surface engendrée par les orages intenses de ces derniers jours.
    Navets et radis binés

     

  • Le dernier jour de la semaine a été consacré à la poursuite des travaux d’aménagement de notre point de vente à la ferme.  Nous avons d’abord fait fait passer un tube PVC pour évacuer les eaux de pluie dans l’étang.
    Tube PVC pour évacuation des eaux de pluie

    Nous avons ensuite posé les lambourdes (support des lames de terrasse), régulièrement avec des plots bétons. Il ne reste plus qu’à attendre qu’il sèche pour poser les lames de terrasse.

    Début de pose des lambourdes
Lambourdes posées, prêtes à recevoir les lames de terrasse

Palissage et buttage

  • Ces deux dernières semaines nous avions laissé un peu de côté nos jolies tomates et elles nos l’ont bien fait remarquer en poussant généreusement et anarchiquement.
    Palissage de nos tomates

    Nous sommes donc intervenus cette semaine pour les tailler, en supprimant tous les axillaires à chaque aisselle de feuille, et les tourner autour de leur ficelle. Comme elles arrivent au fil de culture (fil rigide sur lequel on fixe les ficelles), nous les avons également attachées avec un clip pour les soutenir, le poids des tomates vertes ayant tendance à les faire glisser ! L’avantage avec ce travail c’est que l’on voit bien où est-ce que l’on est passé !

  • Les haricots et poireaux sont deux cultures qui peuvent être buttées (après avoir été binées). Le buttage consiste à ramener de la terre au pied des plants, sans pour autant les recouvrir. Cette technique permet d’étouffer les adventices qui se trouvent au plus près de la culture, voire sur le rang de celle-ci mais également d’aérer le sol et de relancer la minéralisation de l’azote organique.

Les haricots sont également plus soutenus, ils se coucheront moins et seront plus faciles à récolter.

Buttage des haricots

Les poireaux se tiennent bien mais le buttage permet qu’il fasse un joli fût blanc (en l’absence de lumière, pas de photosynthèse et le pied reste blanc).

Poireau buttés

 

  • Les épinards avaient été semés la semaine dernière, ils sont apparus cette semaine et dès que le rang a été suffisamment visible, nous les avons binés délicatement avec le « pousse-pousse » pour aérer le sol un peu encrouté par les pluies battantes et détruite les toutes jeunes adventices en pleine croissance également.

    Jeunes épinards tout juste levés
  • Les navets violets et boule d’or et radis noirs, semés en même temps, ont eux aussi levés cette semaine malgré un épisode de pluie battante mêlée à de la grêle !
Semis de radis et navets levés
  • Mais les jeunes légumes ne sont pas les seuls à sortir, malheureusement…
    Jeunes Nézara sortant de leur œufs

    Sur les feuilles de nos plants de concombre, ce sont de jeunes punaises phytophages (Nezara viridula) qui sont sorties….de leurs œufs. Après les avoir prises en photo, nous nous sommes empressés d’utiliser une des seules méthodes efficace à ce jour, et possible en agriculture biologique, contre ce ravageur : l’écrasement entre le pouce et l’index.

L’herbe ne prend pas de vacances

  • Qu’elle soit sur les planches de cultures ou dans les allées, en cette saison, l’herbe n’arrête pas de pousser. Pour limiter la concurrence et le stock grainier des années à venir, nous avons procédé à une “tournée” de binage sur quelques cultures : haricots, petits pois, salades, carottes, céleris, betteraves, choux et betteraves.
    Céleris branches binés
    Dernière série de haricots nains binés

    Pour les allées (entre les planches de culture), nous avons utilisé un autre type de dents que celles dont on se sert pour biner les inter rangs de cultures : de larges pattes d’oies, très efficaces pour couper et soulever les adventices.

Allées binées avec de larges pattes d’oie
  • Pour certaines cultures implantées à cette période, afin d’anticiper et limiter la croissance des adventices, nous appliquons différentes techniques. L’une d’entre elles est l’occultation. Le principe est proche d’un faux semis. La planche est préparée comme pour un semis immédiat mais au lieu de cela, elle est occultée (bâchée bien souvent avec une toile tissée) pendant plusieurs semaines. En dessous, les graines d’adventices, sous l’effet de l’humidité et de la chaleur, lèvent. En l’absence de lumière, les plantules déperrissent.
    Semis d’épinards après occultation

    Cette semaine le semis d’épinard a donc été réalisé sur des planches ayant été occultées pendant 5 semaines. Ils devraient pouvoir lever sans trop de concurrence des adventices.

 

  • Une autre technique que nous utilisons pour les plantations des cultures automnales sous tunnels est le paillage plastique, pré-percé ou non. Nous le posons à la main ou à l’aide d’une dérouleuse à plastique selon la densité de la culture que nous implantons.
Pose du paillage manuellement

 

 

Déroulage du plastique avec la dérouleuse à plastique tractée

 

 

 

 

 

Plantations de blettes et de persil sous tunnel

 

Préparation des mois à venir

Ces derniers jours, nous avons commencé à anticiper la saison des ventes hivernales :

  • La première série  d’oignons jaunes (ou oignons de garde) a été récoltée. Avant tout, nous avons attendu qu’ils aient atteint leur maturité et qu’une dizaine de jours de beau temps, sans pluie, soit annoncée. Dès lors, nous les avons arrachés, à l’aide d’une arracheuse à pommes de terre, afin de faciliter leur ramassage et de commencer à les faire sécher, au champ. Ensuite, nous les avons mis en petites caisses uniquement pour les transférer dans un tunnel vide, afin qu’ils poursuivent leur séchage. Dans quelques semaines, nous les rentrerons définitivement dans un bâtiment, à l’abri du froid et de l’humidité.
Oignons jaunes ramassés en caisse
  • Nous avons également fait un second passage de binage dans les poireaux, toujours avec les étoiles de binage auto-construites permettant d’intervenir au plus près du rang. Le binage permet de détruire l’herbe entre les rangs,
    mais également d’aérer le sol, cassant la croute de surface, relançant ainsi la minéralisation de l’azote organique du sol.

    Parcelle de poireaux après binage
  • Du côté des salades, en cette saison en plus des “classiques” feuilles de chêne, batavia et autres laitues, nous avons implanté une première série de chicorées (frisée, scarole et pain de sucre).

  • Mais en même temps, c’est aussi le début du pic de production
    Jeunes de punaise verte ou Nezara viridula venant de sortir de leurs oeufs

    des légumes dits ratatouille, en particulier celui de l’aubergine. Nos plants produisent jusqu’à ce jour assez bien mais cela ne devrait hélas pas durer…  Cette culture a la chance de pouvoir héberger toute une faune auxiliaire (coccinelles, punaise prédatrice de thrips, larves de mouches prédatrices d’acariens…) mais aussi toute une cohorte de ravageurs dont un, enfin plutôt une, particulièrement redoutable : une punaise phytophage, la punaise verte ponctuée (Nezara viridula).  Cette dernière se nourrit en piquant les tiges, le haut des plants mais surtout le pédoncule (l’attache) des fleurs. Ces fleurs piquées flétrissent, tombent et ne donneront donc jamais de fruit, d’aubergine!

Petits et grands travaux – Première partie

L’avantage durant l’été c’est que les jours sont longs et les températures agréables, nous faisant presque oublier les hivers passés et à venir. Mais après quelques mois un peu intenses dans les cultures, nous avons entrepris quelques améliorations sur et dans les bâtiments du potager.

  • La vente à la ferme se faisait jusqu’ici dans ou devant le bâtiment (selon les températures), ce qui n’était pas tout le temps très pratique et accueillant pour nos clients. Au printemps, nous avions donc réalisé une avancée en bois (charpente bois et tuiles) pour permettre de créer un réel lieu de vente. Ce n’était qu’une première étape. Ce week-end, nous avons organisé un chantier participatif pour poursuivre les travaux engagés. C’est ainsi qu’une super équipe d’amapiens (faisant partie de notre AMAP) est venue en renfort pour habiller d’ossature bois et de laine de bois un mur en moellon, sous cette avancée.
    Mur en moellons, gris, froid et un peu triste
    Équipe d’amapiens en train de poser l’ossature bois
    Résultat : mur chaudement habillé, prêt à recevoir un bardage en panneaux bois (OSB)

     

     

     

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • La façade ouest du bâtiment, nécessitait aussi d’être joliment isolée : pose d’une ossature bois, destinée à recevoir des panneaux de laine de bois, protégée par une membrane pare pluie, et supporter un bardage en clin.
Façade ouest avec ossature.
La même façade avec laine de bois et pare pluie de posés.

 

  • La pose du bardage dit “à recouvrements” avec des planches brutes, clouées horizontalement en partant du bas, chaque nouvelle lame recouvrant en partie la précédente, de quelques centimètres, nécessite un peu de temps mais le résultat est vraiment fini et joli!
Pose de bardage extérieur (partie non isolée) en clins par une autre équipe d’amapiens.
  • Dans le bâtiment également nous avons entamé de nouveaux aménagements. Notre atelier n’était pas encore très fonctionnel et isolé. Nous avons aménagé des supports pour nos ferrailles (nous en avons de nombreuses, étant donné que nous auto construisons beaucoup de nos outils et équipements) et  monté une solide cloison isolée dotée de prises électriques et d’un futur éclairage pour supporter toute notre quincaillerie!
    Cloison isolé dans l’atelier.

    Merci à tous pour votre aide précieuse, votre bonne volonté et votre bonne humeur!

 

Juste à temps

La saison estivale se poursuit, le temps (météo) n’est pas toujours facile à anticiper. Il nous a donc fallu organiser les travaux de la semaine en conséquences et dans les temps!

  • La première série d’échalotes avait été arrachée la semaine dernière. Après quelques jours de séchage au champ (en place), nous les avons mises en caisses, pour les transporter puis les laisser finir de sécher sous un tunnel vide, à l’abri de l’orage qui, heureusement,  est tombé juste après que nous ayons terminé.
Échalotes au sec sous un tunnel
  • Nous avons planté les jeunes plants de salades, choux (fleur, brocoli et chinois), fenouils et oignons blancs, dans les temps. Cette fois-ci pas d’eau de pluie pour les arroser, mais de l’eau apportée par l’irrigation, plus facile à prévoir.
Choux aussitôt plantés, aussitôt arrosés.

 

 

 

 

 

 

  • Le premier semis de carottes dites de garde, a été réalisé la semaine dernière. Pour le protéger et améliorer la levée des futures jeunes carottes, nous l’avions couvert avec une toile tissée. Cette technique donne de bons résultats mais reste délicate lorsque les journées sont chaudes et ensoleillées. Il faut veiller à retirer la toile avant que la plantule ne sorte de terre, afin de ne pas la griller. C’est ce que nous avons fait, juste au bon moment.

  • Les séries de carottes se suivent et ne se ressemblent pas. La série précédente avait été binée manuellement à plusieurs reprises mais pas encore avec la bineuse tractée (tirée par le tracteur). Elles avaient atteint un stade suffisant et nous avons pu passer avec la bineuse tractée pour déraciner les “mauvaises herbes” qui poussaient entre les rangs et les laisser sécher en plein soleil, par beau temps.
Passage de bineuse tractée entre les lignes de carottes

Être maraîcher bio diversifié

C’est pouvoir faire de toutes sortes de travaux diversifiés dans une même semaine, voire une même journée. La semaine a démarré hors du jardin.

Nous avons participé à une formation organisée par l’ARDAB et la Chambre d’Agriculture du Rhône chez trois autres maraîchers, de la Loire. La journée a été riche d’enseignements et nous a permis d’aller voir comment cela se passe-t-il ailleurs, de partager et prendre des idées et de construire des projets à plus ou moins longue échéance.

  • De retour au jardin, nous avons enfin pu commencer à récolter les premières aubergines. Elles ont traversé (et traversent encore) quelques difficultés : les pucerons se sont empressés, dès leur plantation, de les envahir. Forte heureusement une faune auxiliaire s’est progressivement développée et installée. Deux représentants, observés pour la première fois cette année, nous ont fait grâce de leur présence : des larves de chrysopes (Chrysoperla carnea) prédatrices au stade larvaire de gros et petits pucerons et une une petite coccinelle, prédatrice également de pucerons : Scymnus sp.

    Larve de chrysope

    Larve de Scymnus

 

 

 

 

 

 

  • Mais ce ne sont malheureusement pas les seuls “soucis” que nos aubergines rencontrent. Comme bien souvent, une forte population d’acariens tétranyques ou araignées rouges (Tetranychus urticae) s’est étendue sur de nombreux plants . Les conditions climatiques lui étant propices et ce malgré le blanchiment des serres. La faune auxiliaire s’est à nouveau également révélée très efficace pour limiter leur développement : des dizaines de larves de Feltiella acarisuga (petit asticot rouge) et de petites coccinelles Stethorus punctillium passent leur temps à évider ou dévorer les acariens ravageurs.
Adulte de Stethorus
Larve de Feltiella

 

 

 

 

 

 

  •  Les premières plantations de choux et de poireaux ont eu le privilège d’être les premières cultures à “avoir droit” au passage de la bineuse nouvellement équipée d’étoiles de binage, auto-construites grâce aux plans et conseils de l’Atelier paysan. Il reste quelques adaptations et réglages à effectuer mais le résultat n’est déjà pas mal du tout.

 

Bineuse avec étoiles de binage
Choux après passage de bineuse
Poireaux après binage

 

 

 

 

 

  • Les jeunes carottes et panais nécessitent une grande attention en termes de désherbage. Après avoir passé notre “bineuse à bras” ou houe maraîchère au plus près des rangs, nous avons terminé avec un passage minutieux à la main.

 

  • L’ail, planté à l’automne dernier,  avait terminé son cycle de développement et il était temps de le récolter et le faire sécher afin de pouvoir le stocker à l’abri.